La loi AGEC du 10 février 2020 a transformé l'ancien diagnostic déchets avant démolition en un diagnostic « produits, équipements, matériaux et déchets ». Le changement n'est pas seulement sémantique : le bâtiment n'est plus considéré comme un volume de déchets à évacuer, mais comme un gisement de ressources à identifier avant qu'il ne soit détruit.
Le ministère de la Transition écologique le présente comme « l'étape clé d'une bonne stratégie de valorisation », dont l'objectif est de donner la priorité au réemploi. C'est précisément la mission d'EVALIS auprès des maîtres d'ouvrage publics et privés de La Réunion.
L'article R.126-8 du Code de la construction et de l'habitation vise les opérations de démolition ou de rénovation significative répondant à l'un des deux critères suivants :
La notion de rénovation significative est définie à l'article R.126-9 : elle suppose de détruire ou de remplacer au moins deux éléments de second œuvre parmi les planchers, les cloisons extérieures et intérieures, les huisseries extérieures, les installations sanitaires, les installations électriques et le système de chauffage — à condition que les travaux portent sur une partie majoritaire de chacun.
À retenir : ces deux critères sont alternatifs. Un seul suffit à déclencher l'obligation. Une réhabilitation de logements dépassant 1 000 m² y est donc soumise, même sans démolition.
Le diagnostic doit être établi préalablement au dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme lorsque l'opération y est soumise, ou, à défaut, avant l'acceptation des devis et la passation des marchés de travaux. Réalisé trop tard, il perd l'essentiel de son intérêt : les arbitrages de conception sont déjà figés et les gisements réemployables partent en benne.
À l'issue du chantier, le maître d'ouvrage établit un formulaire de récolement — nature et quantités des produits effectivement réemployés, réutilisés, recyclés, valorisés ou éliminés, avec les justificatifs de dépôt. Il dispose de 90 jours après l'achèvement des travaux pour le transmettre.
Les deux documents sont à adresser au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) :
La plateforme PEMD, développée par le CSTB avec le soutien de l'ADEME, permet de les compléter et de les déposer en ligne gratuitement. Elle publie également une carte nationale des gisements, qui rend vos matériaux visibles auprès des filières de valorisation avant même le démarrage du chantier.
La gestion des matériaux suit la hiérarchie fixée par la directive européenne de 2008 et l'article L.541-1 du Code de l'environnement : prévention, réemploi, réutilisation, recyclage, valorisation énergétique, et l'élimination seulement en dernier recours.
L'insularité change la donne. Chaque matériau évacué en décharge est un matériau qu'il faudra importer à nouveau, avec le coût et l'empreinte carbone du fret. À l'inverse, chaque tonne maintenue en place ou réemployée localement allège le budget de l'opération et soutient les filières réunionnaises de l'économie circulaire.
Sur les opérations conduites en 2026 auprès des bailleurs sociaux et des collectivités de l'île, le taux moyen de valorisation 3R préconisé atteint 86 %.
EVALIS conçoit ses diagnostics PEMD conformément à la norme XP X46-039 et les conduit au-delà du seul inventaire réglementaire : repérage sur site, quantification des gisements, évaluation de la démontabilité, identification des filières locales, rédaction des clauses de dépose sélective et accompagnement jusqu'au récolement.
Sources : ministère de la Transition écologique · plateforme PEMD du CSTB · décret n° 2021-821 du 25 juin 2021 · arrêté du 26 mars 2023 · ADEME.
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